J’écris et je communique autant que je le peux.
Et, dans le monde merveilleux d’aujourd’hui, ceux qui s’intéressent à ce que je pense peuvent me faire connaître leurs avis en retour, ce qui m’intéresse beaucoup. Je lis en effet tous les commentaires que vous envoyez sur la production intellectuelle de l’IDL ou de l’UDE.
Jusqu’à tout récemment, la plupart étaient très aimables, un certain nombre de lecteurs semblant cependant me soupçonner d’avoir des objectifs cachés et aucun doute sur qui me paye dans la réalité[1]. J’attends toujours les chèques ou les virements qui me seront envoyés (dans l’ordre historique d’apparition des soupçons) : de la CIA, du MEDEF, de monsieur Poutine, de monsieur XI, des Rothschild, des Rockefeller, de l’Opus Dei …et j’en oublie surement.
Mais enfin, ces lucides étaient peu nombreux et on les retrouvait avec amusement chaque semaine tant leur style était à parité avec leurs idées.
Hélas, les choses changent et nous vivons en ce moment dans une atmosphère politique particulièrement nauséabonde, et donc les commentaires déplaisants sont en forte augmentation, ce qui me contraint à essayer de formuler une espèce de typologie des lubies actuelles.
Les auteurs des remarques sur nos sites se scindent à l’évidence en quatre groupes
Ceux qui n’aiment pas Abdallah.
Ceux qui n’aiment pas Jacob.
Ceux qui n’aiment pas Donald.
Ceux qui n’en ont rien à foutre et qui cherchent à gagner de l’argent sans travailler. Ils étaient la grosse majorité des lecteurs ou des auditeurs jusqu’ à tout récemment.
Il me faut donc revenir sur la façon dont j’intègre la politique dans mes raisonnements.
Commençons par une vieille conviction que j’ai développée grâce à mon fils il y a longtemps.
Dans la vie, il y a des problèmes de capitaine et des problèmes de lieutenant.
Mon cher Louis avait choisi de faire son devoir de citoyen en devenant Officier Français.
Un jour, il alla voir son capitaine pour lui faire part d’un problème qui le tracassait.
Le dit capitaine, ayant bien écouté, lui dit » Lieutenant : dans la vie il y a des problèmes de capitaine et des problèmes de lieutenant. Le problème dont vous me parlez me semble être un problème de lieutenant »
En termes simples, il y a des choses sur lesquelles je peux et je dois agir et d’autres sur lesquelles je ne peux rien faire.
Prenons un exemple : Il se passe des choses abominables au Moyen Orient en ce moment.
En tant qu’être humain, j’en suis bouleversé.
En tant que citoyen, je ferai ce que je peux pour aider.
Mais hurler dans les dîners en ville que tout cela est la faute exclusive d’Abdallah, de Jacob ou de Donald ne change strictement rien à la marche du monde.
Qu’un homme politique qui cherche à influencer le cours des choses, qu’un journaliste qui veut faire éclater la vérité, qu’un homme d’église qui veut amener la paix sur terre considèrent que parler haut et fort soit de leur devoir, je le comprends.
Moi, je ne suis qu’un vieux monsieur qui cherche à aider les individus qui accepteront mes conseils.
En aucun cas, je ne veux devenir un « chef » disant aux autres ce qu’ils doivent penser.
Bien entendu, j’ai mes propres préférences, et il n’est pas bien difficile de deviner ce qu’elles sont. Mais je n’ai pas l’outrecuidance de penser que mes idées sur ces sujets soient du moindre intérêt pour la majorité de mes lecteurs.
En revanche, je sais que ces évènements vont avoir une influence profonde sur l’épargne et le niveau de vie de Marcel ou de Jeannine qui lisent mes chroniques.
Et comme j’ai la suffisance de croire que j’ai une certaine compétence dans tout ce qui touche à la gestion de l’épargne, je me dis que prendre bruyamment partie pour Donald, Jacob ou Abdallah n’aidera en rien Marcel ou Jeannine, et même risquent de les indisposer aux cas où ils détesteraient celui que je préfère, ou pire encore, ils aimeraient celui que je déteste.
Par exemple, rien ne me paraît plus étrange que d’entendre des actrices ou des acteurs qui ne connaissent rien à rien et qui ne vivent que de subventions huer Brigitte Bardot parce qu’elle était « de droite ».
Ses chats et ses chiens aimaient BB, elle s’occupait bien de ses bêtes, et cela me suffit.
Elle s’est occupée des problèmes de lieutenant autour d’elle, et elle a fort bien fait.
Je ne doute pas qu’elle soit au Paradis, car, à ceux qui ont beaucoup aimé, il sera beaucoup pardonné.
Ce qui se passe au Moyen Orient est horrible, mais, j’ose à peine le dire, pas bien nouveau.
Ce qui s’est passé dans une petite île des Caraïbes est bien pire.
Et puisque je suis dans l’actualité, je voudrais conclure avec cette phrase du Christ :
« C’est pourquoi, quiconque s’abaisse à la place de cet enfant est le plus grand dans le royaume des cieux…
Si quelqu’un fait trébucher un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu’on le jette au fond de la mer »
Notre époque manque de meules et il y a une grande surabondance de cous.
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[1] Curieusement, ces esprits éclairés écrivent toujours sous pseudonyme



