Aug 31 / Charles Gave

La fin de la Sociale Démocratie ?

Prologue: Les organisateurs de la réunion du sommet des Libertés nous avaient invités à y participer, invitation que nous avions refusé. Pourquoi ? Parce que tous ces gens, tels Iznogoud, veulent simplement être calife à la place du calife. Ces politiques professionnels n’ont toujours pas compris que, pour le peuple, la démocratie représentative est devenue une farce dont ce même peuple espère qu’elle ne terminera pas dans le sang.


Comme le disait Einstein, penser que ceux qui ont créé un problème vont le résoudre est la forme la plus extrême de la bêtise. Le but d’un homme qui serait élu à la Magistrature suprême et aimerait la France ne peut donc être que de rendre la parole au Souverain, le peuple. La seule solution à nos problèmes est de mettre l’Etat Français sous le contrôle effectif des citoyens, ce qui ne s’est jamais produit et qui implique que notre pays retrouve d’abord ses souverainetés juridiques diplomatiques, militaires et monétaires. Celui qui dit que l’on pourra trouver des solutions tant que nous restons dans l’Europe Institutionnel telle qu’elle fonctionne aujourd’hui ou ment, ou est idiot ou les deux à la fois. Tant que la Droite et la Gauche n’auront pas compris que les solutions sont dans la subsidiarité et la démocratie directe, elles continueront à se ridiculiser élection après élection, ce qui se voit dans une participation électorale qui ne cesse de s’effondrer. Et le Liban nous donne une excellente indication de ce que sera notre futur si la soi-disant droite à comme seul but de rechercher un « Iznogoud « de droite » qui sera capable de battre un Iznogoud de gauche. Cette perspective fait naître en moi une envie irrépressible d’ouvrir la fameuse boite à claques

Il y a un peu moins d’un siècle, en octobre 1929, le monde capitaliste rentre dans une dépression dont seule l’arrivée de la seconde guerre mondiale arrivera venir à bout.

En 1936, un économiste anglais, John Meynard Keynes écrit un livre « théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » qui offre comme solution aux gouvernements lorsque l’économie rentre en récession d’emprunter pour créer une demande étatique qui remplacera la demande privée insuffisante par une demande publique créée par le gouvernement,

Dans sa correspondance avec Keynes, Hayek lui reprocha d’avoir donnée une justification intellectuelle à la main mise de l’Etat sur l’économie et donc d’engager les populations sur la route de la servitude. Ce qui était extrêmement bien vu.

L’idée de Keynes était donc de créer toujours plus de nouvelles dettes pour les rentiers qui y souscriraient avidement et de transférer l’argent à l’Etat qui paieraient des gars à faire des trous le matin pour les reboucher le soir, ce que j’avais appelé dans un papier il y a quelque temps l’économie du sapeur Camember.

Cette idée fut largement acceptée par tous ceux qui ne comprennent pas d’où vient la croissance dans une économie et cela va faire un siècle que la plupart des gouvernements de l’OCDE suivent des politiques visant à l’euthanasie du rentier, en confondant la création de valeur avec l’embauche de fonctionnaires financée par de la dette.

Les résultats de cette politique ont toujours été les mêmes : une hausse constante du poids de l’Etat dans l’économie, financée par une dette qui devenait de plus en plus importante tout cela amenant à une baisse structurelle du taux de croissance.

La France, gouvernée par une technocratie de qualité puisque pensant tous la même chose, étant tous allés dans la même école, a appliqué constamment ces idées depuis 50 ans, que le gouvernement soit officiellement de droite ou de gauche[1].

Arrive, hélas, toujours un moment où, comme plus personne ne créée de la valeur, le pays s’appauvrit et donc la valeur de sa monnaie et la valeur de ses obligations vont vers zéro de plus en plus rapidement.

En général, la population, à ce moment-là, a tendance à être mécontente, à gronder et donc à virer ses élites.

Il semble bien que la France soit en train d’arriver à un tel moment.

En tout cas c’est ce que semble annoncer la plupart de mes indicateurs. Je vais en montrer deux, mais je pourrai en montrer dix.

L’écart des taux à 10 ans entre la France et les Pays Bas.

[1] Voire sur notre site l’étude : comment réussir sa désindustrialisation


Le fameux multiplicateur Keynésien qui est négatif depuis 15 ans, ce qui veut dire que nous sommes arrivés depuis 15 ans à un point ou plus l’état s’endette, plus nous nous appauvrissons.

Il est donc raisonnable de penser que la France va faire faillite, ce qui commence à être une vue largement partagée.


Mais il me semble que les français font peut être preuve une fois de plus d’un nombrilisme exagéré.

Pourquoi ?

Parce que si je regarde d’autres pays, il y en a beaucoup, et non des moindres, qui vont tout aussi mal que la France.

Commençons par la Grande- Bretagne où un premier ministre (socialiste bien sûr, et donc Keynésien), en un an, a réussi à devenir aussi impopulaire que notre Macron en 12 ans. Leur déficit budgétaire est immense et leurs taux à long terme sont plus élevés qu’en France.
Je ne vois pas comment ils vont s’en sortir.

Continuons par les Etats-Unis qui vont devoir trouver au moins 6600 milliards de dollars dans les 12 mois qui viennent pour boucher les trous de leur budget et qui ont en plus un déficit gigantesque de leurs comptes extérieurs.
Je n’ai aucune idée de ce qui va arriver à la dette américaine dans les 24 mois qui viennent mais je n’en ai pas en portefeuille.

Mais le plus malade est sans doute l’Allemagne, puissance industrielle s’il en fut, qui doit payer son énergie aujourd’hui trois fois plus cher que les USA et quasiment six fois plus cher que la Chine, grâce à madame Merkel qui a fermé les centrales nucléaires en Allemagne.
La récession ne fait donc que commencer en Allemagne.

Au moins, nous en France, nous n’avons plus d’industrie à liquider, c’est fait.

En Allemagne la liquidation est devant eux.

Pour faire simple, comme ne pourrons plus emprunter, nous allons donc avoir une dépression inflationniste, ce qui veut dire que ce sont les obligations qui vont s’effondrer, et la monnaie qui ne vaudra plus rien.

Et c’est ce que nous annonce les marchés.

Les seuls actifs qui garderont leur pouvoir d’achat seront l’or et les actions des sociétés internationales qui sont cotées dans le pays mais produisent et vendent partout ailleurs sauf dans ce pays.

Au hasard Air Liquide et Scheider chez nous.

Et en Allemagne, dont l’industrie est en voie de destruction, curieusement les actions voient leurs cours s’envoler par rapport à celui des obligations. Dans le graphique ci-dessous, je compare la performance des actions et des obligations dans ce pays sérieux. (Je n’ai jamais compris pourquoi les gens trouvaient que l’Allemagne était un pays sérieux, mais c’est un autre débat)

Qu’est qui se passe depuis 2021 ? Pourquoi les actions montent elles comme cela ?


La reponse est simple. Ce ne sont pas les actions qui montent, mais la valeur (relative) des obligations qui baisse.

Ce raisonnement est confirmé dans le graphique suivant où je mesure le marché allemand non pas contre le marché obligataire allemand mais contre l’or, l’autre actif qui est censé garder sa valeur.

Le marché allemand contre l’or a baissé depuis 2020 …

Qu’est que cela veut dire ? c’est tout simple.

Les actions ne montent pas en Allemagne. Ce sont les obligations et la monnaie qui s’écroulent en valeur relative contre l’or et les actions.

Nous avons une fuite devant les obligations allemandes et devant la monnaie dans lesquelles elles sont cotées.

Et le graphique est exactement le même pour les obligations françaises, britanniques et américaines, parce que personne ne veut de titres de dettes émis par des états qui vont faire faillite.

Tout le monde veut des actions ou de l’or, personne ne veut des obligations, sauf ceux qui sont obligés d’en acheter par la règlementation comme les banques, les compagnies d’assurance, les fonds de pension, les assurances vie en France…

Ce n’est pas la faillite de la France qui arrive.

C’est la faillite des sociales démocraties et du Keynésianisme.

La sociale démocratie va s’effondrer comme le communisme il y a 35 ans, et pour les mêmes raisons.

Il aura fallu un siècle pour prouver que Keynes avait tort et qu’Hayek avait raison.

C’est peu.

Bien des gens sont encore Marxistes.

Et pourtant Marx a eu tort lui depuis deux cents ans.